Lors de son entretien télévisé, Nicolas Sarkozy a préconisé une modification de la répartition des profits plus favorable, selon lui, à l'entreprise et aux salariés, dans la mesure ou les actionnaires seraient traités à égalité avec les autres partenaires et se contenteraient d'un tiers du profit. Tout le monde a en tête certains cas particulièrement choquants parmi ces entreprises du CAC 40 qui distribuent parfois 60 % de leurs profits en dividendes.
Or une telle règle ne devrait pas vraiment troubler les actionnaires. En consultant les statistiques de l'Insee, on constate que la part du profit qui revient aux actionnaires est passée de 15 à 25 % entre 1990 et 2006 (soit la même proportion qu'aux Etats-Unis...). On le voit, ce n'est pas la peine d'atteindre les 33% pour que des dégâts se fassent sentir dans l'entreprise, par exemple lorsqu'elle s'endette pour financer le versement de dividendes. Le Président aurait été plus avisé de suspendre la ristourne fiscale de 2 milliards d'euros accordée aux actionnaires en 2008.
Cette disposition serait rapide et compréhensible par tous car juste socialement. Elle permettrait de multiplier par 2 les aides promises aux familles nombreuses, aux chômeurs ainsi qu'aux "petites" classes moyennes. Elle ne sera pourtant pas prise car on voit mal le Gouvernement lever le voile sur la mesure du "paquet fiscal" la plus confidentielle et la plus aberrante.
Denis Gouaux
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