A l’occasion des ses 10 ans, la politique monétaire de la Banque centrale
européenne visant la stabilité des prix à moyen terme a été largement saluée par les économistes. Pourtant, l’inflation dans la zone euro semble loin d’être maîtrisée. Pour justifier ses choix,
la BCE défend une doctrine claire et convaincante. Selon elle, dans une économie mondialisée où les salaires ne peuvent plus être indexés sur la hausse des prix, l’inflation est plus dangereuse
qu’une croissance faible.
La BCE se sert de cet argument, déjà utilisé par la Bundesbank dans les années 1980, pour défendre sa crédibilité. Elle persiste donc dans cette voie, mais à quel prix ? L’inflation reste élevée, la croissance faible et la monnaie européenne n’a jamais été aussi forte. C’est donc aujourd’hui que la BCE doit montrer sa crédibilité. Est-il crédible de sacrifier la croissance au profit de l’inflation ? D’autant plus, qu’elle n’arrive pas à lutter efficacement contre l’inflation.
C’est avant tout l’euro qui a permis d’asseoir la crédibilité de la BCE : en peu de temps, elle a réussi à imposer une monnaie forte (peut-être trop même) qui attire désormais un flux croissant de capitaux. La gestion de la crise financière de l’été dernier a également été appréciée. Son seul reproche est donc sa définition trop stricte de son objectif : moins de 2% d’inflation.
De son côté, la Réserve fédérale américaine prend le chemin opposé même si les récentes déclarations de Ben Bernanke semblent indiquer un retournement. Face à des choix différents, comment peuvent-elles réellement inspirer confiance aux marchés financiers ?
Vincent PAES
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