Le dernier rapport de l'Institut d'Emission d'Outre-Mer (IEOM) trace un bien triste portrait de la Polynésie française : chute des exportations, découragement des chefs d’entreprises, et emploi en baisse. Le tout, depuis 2004, dans un contexte d’instabilité politique chronique qui paralyse les projets de développement.
Les exportations dans l'agro-alimentaire ont reculé de 20,8% au premier trimestre par rapport à la même période de l'année dernière. Les secteurs les plus touchés sont le fruit « noni » (33,4%), le monoï (-36,7%) et le savon (- 61,5%). Résultat : l’économie qui dépendait fortement des exportations est au ralenti. La consommation d'électricité a ainsi baissé de -5%. Pire encore, les interdits bancaires sont en hausse : +3,9 % sur un an. L’hôtellerie, l’autre secteur clé de la zone, est en régression : -8,9 % de fréquentation.
« La raréfaction du travail, conjuguée à l'inflation rampante, risque de peser sur les revenus disponibles et de pénaliser la consommation des ménages, un des moteurs essentiels de la croissance économique », précise le rapport de l'IEOM. Seul point positif ? Les dirigeants du BTP qui annoncent créer encore des emplois en 2008. Mais cela risque de ne pas être suffisant pour empêcher une future crise économique.
Vincent PAES
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