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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /2008 08:32

A la tête d'un consortium regroupant des entreprises brésiliennes publiques et privées, le groupe Suez a décroché, lundi, la construction et l'exploitation d'un vaste barrage hydroélectrique. Pour le Brésil, ce barrage est d’une importance capitale pour son approvisionnement en électricité après 2012.

 

Opposé à un fonds d’investissement de la banque espagnole Santander, le groupe français a fini par remporter la concession de 5,3 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) pour la construction et l'exploitation du barrage hydroélectrique de Jirau, sur la rivière Madeira, dans le bassin de l'Amazone. Il détient 50,1% de ce projet. Suez s’est allié au brésilien Eletrosul, une filiale du géant de l'électricité Eletrobras, au groupe de construction Camargo Correa et à la société publique CHESF.

 

Pour obtenir ce projet, le consortium de Suez a dû faire baisser les prix. Il s’est engagé à vendre l’électricité provenant de Jirau à 71,4 reais (soit environ 28 euros) par MWh. Prix 21,5% inférieur au prix de base fixé par le système d’enchères mis en place par le gouvernement brésilien. Le groupe français a estimé être en mesure de fournir de l’électricité à partir de mars 2012 et non en janvier 2013 comme cela était initialement prévu.

 

Le gouvernement brésilien doit être satisfait de cette annonce tant le Brésil peine à produire et importer l’électricité dont il a besoin. A plusieurs reprises, de grandes villes ont été contraintes de faire l’ « apagão » (littéralement, l'extinction générale des lumières) afin de ne pas entraîner une rupture des stocks d’électricité du pays. Ce barrage est donc considéré comme vital pour assurer l'approvisionnement en électricité du Brésil après 2012.

 

La concession d’un deuxième barrage, plus petit, situé également sur la rivière Madeira, a été attribuée, à un prix de fourniture de 79,9 reais (soit environ 31 euros) par MWh, au concurrent espagnol, Santander. Reste à savoir, si l’exploitation de ces deux barrages ne se révélera pas aussi catastrophique que celui des chutes d’Iguaçu, situé trop loin des grandes villes. Conséquences : les pertes d’électricité lors du transport se sont révélées trop importantes et les villes n’étaient pas correctement approvisionnées. Comble du paradoxe : le Brésil était contraint d’exporter de l’électricité à des pays frontaliers plus proches alors qu’il n’en avait pas assez pour sa propre consommation.

 

                                   Vincent PAES

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