Jean-Claude Junker, premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, a déclaré que les ministres des Finances de la zone Euro estimaient que les salaires de certains dirigeants d’entreprises étaient « scandaleux » et qu’ils envisageaient, à ce titre, de lutter contre « ces comportements extravagants » qu’il considère comme un véritable « fléau social » au sein de l’Union européenne. Il en a conclu qu’il fallait mener une « action internationale ». De son côté, Christine Lagarde, la ministre française de l’économie, a également parlé de « pratiques scandaleuses ».
Côté action, l’Eurogroupe est moins bavard. Pour l’instant, il a uniquement chargé la Commission européenne d’étudier les pistes à explorer. Par la suite, il examinera les moyens à mettre en œuvre. Parmi les pistes avancées : les instruments fiscaux qui permettraient de modérer ces dérapages en taxant certaines « faveurs » comme les « parachutes dorés ». Christine Lagarde a également évoqué la suppression de la déductibilité fiscale des « paquets » de départ en ajoutant que ces derniers étaient surtout choquants quand les entreprises allaient mal.
« Nous courons le risque de ne plus être compris par nos citoyens si nous lançons des appels incessants à la modération salariale (...) sans dire en même temps que certains dirigeants d'entreprises disposent de salaires excessifs », a ajouté le président de l’Eurogroupe. Il a estimé que les gouvernements ayant assaini leurs budgets pouvaient injecter du pouvoir d'achat en faveur des catégories sociales les plus défavorisées : « C'est aux budgets publics de réagir à la perte du pouvoir d'achat ». Par ailleurs, Jean-Claude Junker a appelé à la modération salariale pour éviter des effets de « second tour » sur l'inflation, qui s'élève actuellement à 3,3% sur 12 mois dans la zone Euro.
Vincent PAES
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