Rien ne semble pouvoir arrêter les fonds souverains. Alors que l'Arabie Saoudite se prépare à entrer dans ce secteur en créant un fonds doté d'un capital initial de 5,3 milliards de dollars, le rapport de Global Insight, publié lundi, évalue à 3 500 milliards de dollars, en 2007, leur taille globale. Sur les trois dernières années, leurs réserves ont ainsi progressé de 24% en moyenne. A ce rythme, la puissance financière de ces fonds d'investissement dépassera le produit intérieur brut des Etats-Unis en 2015, et celui de l'Union européenne d'ici à 2016.
« Armés de tels montants de liquidités, qu'ils n'ont pas à rembourser, les fonds souverains sont les nouveaux maîtres de cérémonie de la finance, où ils prennent la place des «hedge funds» et autre fonds d'investissements, et outrepassent les banques centrales dans leur rôle de prêteurs internationaux de dernier ressort », a estimé Jan Randolph, responsable du risque souverain à Global Insight. Selon ce rapport, les fonds souverains ont injecté 80 milliards de dollars dans le secteur bancaire aux Etats-Unis en 2007. Les tensions inflationnistes qui se sont intensifiées dans la plupart des pays dotés de fonds souverains motivent l'investissement à l'étranger plutôt que sur le sol national.
A l'échelle mondiale, 93 % des investissements ont été dirigés vers
le secteur financier occidental. Mais les fonds s'intéressent également au secteur minier et à l'énergie. Rien qu'en janvier 2008, le montant total des acquisitions réalisées dans ce secteur par
des fonds souverains s'est élevé à 20,6 milliards de dollars, soit près du tiers des opérations faites sur l'ensemble de l'année 2007.
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