A peine sortie, le nouveau né de la série Grand Theft Auto est déjà considéré comme la grande réussite de l’année 2008. La sortie mondiale du jeu est attendue depuis octobre dernier par les fans. Loué par les critiques, GTA 4 devrait battre tous les records de vente. Si le concept du jeu - réussir dans le monde du crime par tous les moyens - fait débat, le succès économique est déjà là.
New York. Minuit heure locale. Ce magasin spécialisé en jeux vidéo ouvre enfin ses portes. Les fans, qui n’ont pas hésité à faire la
queue pendant des heures, se précipitent à l’assaut pour obtenir un exemplaire du déjà culte Grand Theft Auto 4. Une telle scène s’est déroulée dans toutes les grandes villes du
monde. En effet, Take-Two, la société productrice du jeu, a vu les choses en grand pour le nouveau né de la série Grand Theft
Auto : sortie mondiale appuyée par forte campagne publicitaire. Initialement prévu pour octobre dernier, ce lancement est considéré comme le principal événement de l'année dans le
secteur. Et pour cause, les prévisions de ventes s’élèvent à plus de 400 millions de dollars au cours de la seule première semaine, soit plus que pour Halo 3, de Microsoft, le
plus gros succès de 2007.
Grand Theft Auto 4 met en scène un
immigré d'Europe de l'Est qui, après s'être engagé auprès du syndicat du crime, vend de la drogue, tue des policiers et vole des voitures. Le but du
jeu ? Se forger une réputation dans le monde fermé du crime. Pour cela, tous les moyens sont bons : de l’attaque de policiers au vol de voitures. Tout est quasiment possible dans cet
univers virtuel. Vous pouvez aller manger si vous avez faim. Vous vous trouvez trop gros ? Vous irez alors faire un peu de musculation. Face à tant de violence et de réalité à la portée des
adolescents, de nombreux groupes de défense de la famille et d’hommes politiques ont protesté, réussissant à faire apparaître la mention « Réservé au plus de 18 ans » sur le
jeu.
Mais il semble que cette mesure ne suffise pas à éloigner les jeunes qui semblent irrémédiablement attirés par ce jeu. C’est bien connu : la violence et le sexe, ça fait vendre. Pourtant, à en croire les premières critiques, Grand Theft Auto 4 est un « véritable chef d’œuvre ». « Derrière une façade de divertissement, une satire culturelle violente, intelligente, profane, attachante, odieuse, espiègle, riche, profonde et convaincante », a ainsi écrit le New York Times. La version du jeu pour PlayStation 3 de Sony a même reçu une note parfaite de 100/100 par Metacritic, un site très consulté qui compile plus d'une dizaine de critiques de jeux vidéos. Pour le site GameSpy, site de jeux et de critiques spécialisées, « le scénario nuancé et les aspects formels sont dignes des meilleurs films de Martin Scorsese ou Francis Ford Coppola ».
Sur le plan économique, le lancement de GTA 4 pourrait fournir à Take-Two des armes supplémentaires pour résister à l'offre d'achat hostile de son concurrent Electronic Arts (EA). Le président de Take-Two, Strauss Zelnick, a ainsi rejeté l'offre d'EA, la jugeant trop basse, préférant attendre la sortie du jeu avant d'entamer des discussions.
Vincent PAES
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