Mercredi 23 avril 2008


        Dans un entretien accordé à France Soir, le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos a déclaré qu’ « il n'est pas possible de se désintéresser de ce que l'éducation coûte à la nation et de ce qu'elle obtient en contrepartie des dépenses auxquelles elle consent ». Autrement dit, il sous- entend que l’Etat dépense trop pour des résultats qu’il juge médiocres. Face à ce résultat, deux raisonnements sont possibles. Soit on se dit, il faut dépenser plus puisque ce budget, aussi important soit-il, ne suffit pas à obtenir les résultats escomptés. Soit on se dit, la rentabilité de mon investissement n’est pas assez forte, j’investis donc moins. Le gouvernement semble clairement avoir choisi la seconde voie.

        Le problème est que dans cette deuxième solution, on oublie le plus important : les résultats scolaires. Si ces derniers étaient déjà si mauvais, que deviendront-ils avec un budget moindre ? Face à cette question, le gouvernement répond : rationalisons l’enseignement pour qu’elle soit plus rentable. Première cible de cette restructuration : les options. Xavier Darcos déclare à leurs propos : « Le lycée français est sans aucun doute trop dispersé, avec un nombre d'options considérables, dont certaines coûtent extrêmement cher avec une utilité sociale limitée ».

         Selon lui, « le lycée d’aujourd’hui est une machine à donner des cours. Il faut qu’il devienne une machine à créer de l’autonomie intellectuelle ». Jouer sur les mots ne changera pas le problème. C’est par les cours que se transmettent les connaissances et la culture nécessaires à une « autonomie intellectuelle » désormais si chère à notre ministre de l’Education nationale. Les lycéens semblent avoir compris l’enjeu. « L’argument avancé par le gouvernement de dire que les effectifs lycéens diminuent ne tient pas la route. Si les résultats sont si mauvais, pourquoi ne pas garder le même nombre d’enseignants. Cela n’augmentera pas le budget et cela permettra d’avoir un meilleur encadrement »   déclare une lycéenne parisienne gréviste.

        Des professeurs ont écrit une lettre ouverte pour protester contre les menaces qui pèsent sur l'option facultative de théâtre, faute de financement. « Peu à peu, l'éducation artistique et culturelle disparaît du lycée. Pourtant, seules les options facultatives permettaient aux élèves, quel que soit leur choix d'orientation, d'avoir accès à la création contemporaine » déclare Anne Le Guennec. La Direction régionale des affaires culturelles (Drac) a coupé les financements qui servent à rémunérer les artistes intervenant dans les classes. De plus, l'Éducation nationale se désengage également puisqu'elle transforme de nombreuses heures-poste en heures supplémentaires ce qui fragilise la pérennité de ces enseignements. Encore une fois, l’argument de la rentabilité revient. Une question se pose alors : peut-on parler de rentabilité pour l’Enseignement et pour la Culture?

                                                                       Vincent PAES

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