Pour Laurent Mauriac, ce n’est pas l’accompagnement qui l’a séduit : « Dans notre entourage, nous
avions déjà des personnes qui pouvaient nous conseiller. Pour nous, le véritable plus de la pépinière, c’est que l’on peut se dégager de nombreuses tâches, l’accueil notamment. L’autre atout,
c’est que cela permet de créer un environnement favorable à l’échange ». Eric Clin parle même de « synergie ». De son côté, Julien Jacob, souligne le potentiel d’une
telle proximité : « Bien que nous n’ayons pas encore pu en profiter, car nous sommes installés depuis seulement deux mois, il y a un vrai côté familial dans la pépinière. Cela
facilite vraiment les relations ». Les entreprises peuvent ainsi échanger leurs expériences et se conseiller mutuellement. « Cette mutualisation des connaissances est
enrichissante pour chacune d’entre elles » ajoute Yves Clin. Laurent Mauriac peut d’ailleurs en témoigner : « Hier, quelqu’un est venu me voir pour me poser des questions
sur notre régie publicitaire. La semaine dernière, c’était moi qui étais allé le voir pour lui demander conseil sur du contenu internet. Les entreprises sont très hétérogènes, cela facilite donc
l’échange ».
Via la pépinière Innovation, Paris Développement souhaite favoriser le développement des entreprises liées aux contenus
numériques. En 2007, 1 470 emplois ont été créés ou maintenus par l’intermédiaire de l’incubateur et des trois pépinières de l’association. Financé à majorité par ses deux créateurs, la
ville de Paris et la Chambre de Commerce et d’industrie de Paris (CCIP), Paris Développement a pour mission la prévention des délocalisations afin de contribuer au maintien et au développement
des emplois sur le territoire parisien.
Mais le soutien ne doit pas être trop long car, comme le rappelle Eric Clin, « la mission de la pépinière est de
les aider à grandir et non de servir de tuteur ». C’est pour cela que la durée du passage au sein de la pépinière ne doit pas excéder trois ans. Au sein de cet intervalle, la durée est
fixée au cas par cas. « Il faut qu’il y ait un roulement pour que la pépinière évolue et puisse profiter à tout le monde. Certaines s’en sortent mieux que d’autres. S’il le faut nous
inciterons certaines à partir plus tôt et d’autre à rester un peu plus. Enfin, nous verrons. Une chose est sûre, nous garderons toujours en tête que notre objectif est de créer des entreprises
viables » précise Eric Clin. S’il est vrai que ces petites pousses sont choyées et protégées, cela suffira-t-il pour qu’elles puissent grandir et prospérer une fois dehors ?
Rien n'est moins sûr tant l’environnement extérieur semble hostile. Aux problèmes des locaux, viennent
s’ajouter ceux du financement. « En France, les banques ne prennent pas de risques. Il est donc difficile pour de jeunes entreprises de se lancer dans de nouveaux projets. Nous pouvons
les aider au début. Mais une fois dehors, nous ne savons pas si elles réussiront à profiter de leur expérience au sein de la pépinière pour réussir » déclare Yves Clin. Pour cette
pépinière âgée de seulement un an, l’heure du bilan n’a pas encore sonné. Pour les autres, les résultats sont plustôt encourageants : 85% des
entreprises réussissent à franchir le cap des trois ans, contre seulement 65% pour les entreprises non aidées.
Vincent PAES
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