Vendredi 28 mars 2008


       Alors que les mauvaises nouvelles économiques s’empilent, déficit public revu à la hausse, croissance inférieure aux attentes et crise financière mondiale, la baisse du chômage au mois de février apparaît comme un petit moment de répit pour le gouvernement. Pour lui, ces chiffres sont le signe qu’il doit continuer les réformes structurelles.
 

       Selon le données publiées par le ministère de l’Emploi, jeudi soir, le nombre de demandeurs d'emploi (catégorie 1) s'est réduit de 13 700 en février (- 0,7 %), revenant ainsi à son niveau de début d'année.  L'évolution du nombre de chômeurs semble donner raison à l'Insee, qui table sur une stabilisation du chômage jusqu'à l'été prochain. C'est pour les chômeurs de longue durée que la baisse est la plus importante : leur nombre s'est réduit de 1 % en février, après 1,2 % en janvier.

        Dans un communiqué, la ministre de l’Economie et de l’Emploi, Christine Lagarde a souligné que le taux de chômage se rapprochant le plus de celui du Bureau International du Travail (BIT) est également en baisse ( -23 400). Cette baisse permet de faire repasser le nombre de demandeurs d’emploi sous la barre de 1,9 million. Pourtant, ce chiffre qui est commenté mensuellement par le ministère de l’Emploi ne représente pas plus de la moitié des chômeurs réellement inscrits à l’ANPE. Au total, ils sont 3,85 millions toutes catégories confondues.

        Le gouvernement souhaite profiter de ces bons chiffres pour justifier ses réformes structurelles qui, selon lui, devraient servir de renfort à la croissance pour atteindre le plein-emploi (moins de 5% de chômage). Prévues avant la fin de l'année, les réformes des services de l'emploi, des contrats de travail, de la formation professionnelle et de l'assurance-chômage permettront, selon Bercy, de rejoindre les performances des meilleurs pays européens, au premier rang desquels le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

         Malheureusement pour la France, l'efficacité de ces réformes risque de pâtir du ralentissement de la croissance mondiale. Il faudra attendre le 5 juin pour connaître le taux de chômage du premier trimestre. Mais l'Insee a déjà refroidit les espoirs du gouvernement : le taux de chômage, qui atteignait 7,5 % à la fin de l'année 2007, devrait stagner pendant les deux premiers trimestres 2008, a prévenu l'institut de conjoncture, qui mise sur un ralentissement des créations d'emploi.

                                                       Vincent PAES

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