Après cinq semaines de détention provisoire, Jérôme Kiervel, le trader de la Société générale, a été finalement
libéré. Un contrôle judiciaire strict lui est néanmoins imposé. Son avocate, Me Elisabeth, a déclaré que son client souhaitait désormais, « se reposer et se défendre dans de
meilleures conditions. »
Après 5 semaines de détention provisoire, le célèbre trader de la Société générale,
est sorti, hier après-midi, de la prison de la Santé à Paris. Le matin, la cour d’appel de Paris avait accepté la demande de remise en liberté
sous contrôle judiciaire demandé par l’ex-trader alors que le parquet général réclamait son maintien en détention. En effet, la cour d’appel estime que la justice possède tous les témoins et
toutes les pièces à conviction nécessaires pour résoudre l’affaire et que le risque de disparition de preuves est désormais peu tangible.
Néanmoins, pour garantir le bon déroulement de l’enquête, Jérôme Kerviel est soumis à un contrôle judiciaire très strict : interdiction de quitter la région Ile-de-France, de se livrer à une activité de marché et de communiquer avec une liste de 23 personnes composée essentiellement de ses collègues et de ses supérieurs à la Société générale.
A sa sortie, l’homme qui a fait perdre 4,9 milliards d’euros à sa banque s’est montré discret. Son avocate, Me Elisabeth, s’est contentée de déclarer : « Jérôme va aller se reposer. Il le mérite. ». En effet, depuis que le scandale a éclaté, le 24 janvier, les rebondissements s’enchaînent pour le trader. Il a d’abord été décrit par Daniel Bouton, le président de la banque, comme un « escroc » qui a agit « seul » et qui a réussi à « échapper à toutes les procédures de contrôle ». Le 5 février, lors de sa deuxième audition, il confirme avoir agit seul mais refuse que la banque ne fasse de lui un « bouc émissaire ».
Et pour cause, au fil de l’enquête et des témoignages, une autre vérité apparaît : Kerviel n’était pas le seul à être au courant. « Tout contrôle correctement effectué était à même de déceler mes opérations. Les techniques que j’ai utilisées ne sont pas sophistiquées du tout », a déclaré Jérôme Kerviel aux policiers. Pour passer certains de ces ordres, il lui est arrivé d’utiliser, au vu de tous, le bureau de son chef ou encore de demander de l’aide à son assistant trader.
Pourtant, aux yeux de la justice, ces salariés ne constituent pas des complices. Ils ont seulement laissé faire Jérôme Kerviel car ils ne se rendaient pas compte des montants de ses engagements. Autant dire que la frontière est mince entre témoin et complice. Le futur procès devra donc en apprendre plus sur le degré d’implication de chacun.
Vincent PAES
Pour tout savoir sur le feuilleton Société générale :
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- La Société Générale voit rouge
- Que va devenir la Société
Générale ?
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