Mardi 11 mars 2008

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       Privé de gaz bolivien, l’Argentine risquait de manquer d’énergie. Pour faire face à cette contrainte, Cristina Kirchner a signé, la semaine dernière un contrat avec le Venezuela. Les deux pays ont prévu la livraison de 10 millions de barils par an à Buenos Aires. L’Argentine devra adapter de nombreuses centrales ne fonctionnant qu’au gaz.
 

Lors de son voyage à Caracas, jeudi dernier, Cristina Kirchner, la présidente de l’Argentine, jouait les médiateurs dans la crise entre la Colombie, l’Equateur et le Venezuela. Tout s’est finalement arrangé le lendemain lorsque les trois protagonistes ont décidé de faire des concessions. Mais pour l’Argentine, le plus gros enjeu était ailleurs : trouver une solution aux problèmes énergétiques de son pays.

 

En effet, depuis 2003, l’Argentine connaît une croissance forte qui a fait exploser la consommation. Mais la production énergétique n’a pas suivi. Conséquence : le pays connaît de graves problèmes d’approvisionnement en énergie. D’autant plus, qu’en début d’année la Bolivie, son principal fournisseur, avait annoncé que sa production de cette année ne suffirait pas à couvrir les engagements pris avec ces deux grands clients : l’Argentine et le Brésil.

 

Pire encore, la présidente argentine pensait que le déficit de production attendu par la Bolivie serait partagé entre les deux pays. Mais c’était sans compter sur le Brésil, qui, lors du sommet du 23 février entre les trois pays, a fait falloir son statut de premier client et premier investisseur dans le gaz bolivien pour obtenir que son contrat soit respecté. Résultat : le Brésil recevra bien les 30 million de mètres cubes prévus contractuellement tandis que l’Argentine devra se contenter de 3,5 millions de mètres cubes par jour alors que les échanges devaient s’élever à 7,5. Aussitôt, Cristina Kirchner annonçait son voyage au Venezuela.

 

Au terme de cette visite, un accord a été signé entre les deux pays. Le contrat prévoit la livraison de 10 millions de barils par an et une éventuelle augmentation de ces quantités à 22 millions de barils par an. Mais pour l’Argentine cet accord a un coût : les factures énergétiques vont augmenter (le pétrole est plus cher que le gaz) et il devra adapter ses centrales fonctionnant au gaz. Mais la présidente n’avait pas le choix si elle ne voulait pas connaître, comme l’Afrique du Sud, des coupures de courant à répétition faute d’énergie.

 

En contrepartie, le Venezuela a obtenu la signature d’un deuxième contrat prévoyant une augmentation des exportations alimentaires argentines en direction du Venezuela ainsi qu’une aide au développement agricole de son pays.

 

                                                     Vincent PAES

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