Pour 2007, tous les indicateurs du groupe chimique sont au vert : hausse du chiffre d’affaire et de l’excédent brut d’exploitation et baisse de la dette. Malheureusement pour la
société, les chiffres sont en deçà des prévisions des marchés. Résultat : l'action perd 18% de sa valeur.
Ce matin, le président de Rhodia, Jean-Pierre Clamadieu, présentait, tout sourire, les résultats 2007 de son groupe. Et, en effet, il y avait de quoi sourire : un chiffre d’affaire en hausse de 5,6%, un bénéfice net qui a plus que doublé et un excédent brut d’exploitation qui a progressé de 17%. Pourtant, les marchés n’ont pas été convaincus par ces chiffres. Aujourd’hui, l’action a perdu 18,26% de sa valeur. Voilà une nouvelle qui a dû réussir à faire disparaître le sourire du visage du président du groupe chimique.
Le marché sanctionne avant tout la faiblesse des résultats par rapport aux prévisions faites par les analystes du secteur. Ainsi, le bénéfice net de Rhodia
ne s’est élevé qu’à 129 millions d’euros contre 171 millions pour les prévisions. Cette méfiance du marché a eu pour conséquence d’entraîner une baisse de 18,26 % du cours de l’action. Autant
dire que les actionnaires n’auront pas le temps de profiter des 0,25 euros de dividende par action, une première depuis 5 ans.
Pourtant, Jean-Pierre Clamadieu avait raison de s’estimer satisfait par les résultats 2007. En effet, ces derniers confirment le redressement du
groupe chimique. La dette, l’un des gros problèmes de Rhodia dans le passé, a diminué de 64% et est désormais, selon les dirigeants, « sous contrôle ». Les prévisions pour 2008
sont, elles aussi, encourageantes. En effet, le président a annoncé « une nouvelle progression des volumes » et il se veut confiant dans la capacité du groupe à poursuivre
l’amélioration des performances. Il vise notamment une augmentation de l’excédent brut comprise entre 13 et 15% en 2008. Mais qu’il fasse attention à ne pas trop en promettre car les marchés
se révèlent souvent très durs lorsqu’ils sont déçus.
D’autre part, Rhodia pourrait vendre son site en Isère, à Pont-de-Chaix, spécialisé dans le fabrication d'isocyanates, produits qui entrent dans la composition des revêtements industriels et des mousses. Selon le président, Rhodia envisage de s’en séparer mais n’a pas encore déterminé la manière dont la société le ferait. Questionné à ce sujet, il s’est contenté de répondre par : « No comment ». Selon la CGT, cinq candidats auraient déjà visité l’entreprise considérée comme le site historique de Rhône-Poulenc, l'ancêtre de Rhodia . Du côté du groupe français, il s'est limité à dire que « la cession fait partie des options envisagées mais qu'aucune décision n'a été encore prise ».
Vincent PAES
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