Lundi 25 février 2008
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Crise financière, euro fort, essor des pays émergents. A l’heure où l’économie mondiale connaît des mutations importantes,
comprendre la globalisation et savoir où elle va devient une question essentielle. La conférence, « Les enjeux de l’économie mondiale à l’heure de la globalisation », apporte de
nombreux éléments de réponses.
Depuis 1990, la globalisation a pris un tournant majeur. Les nouvelles technologies, en permettant une
meilleure circulation des informations, lui ont donné une nouvelle dimension et l’amélioration des transports a accru la compétition entre les pays, redessinant la géographie de l’économie
mondiale. Ainsi, durant cette période, le commerce international et les investissements à l’étranger se sont fortement développés. La globalisation a aussi modifié la structure des
économies : le secteur des services est en train de devenir le plus important.
« La globalisation favorise la croissance »
Face à ces changements, quelle attitude avoir ? Selon l’invité d’honneur de cette
conférence, Christopher Egan, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « ces changements sont porteurs d’opportunités
mais aussi de menaces. Néanmoins, ils ne doivent pas être pensés dans la peur car la globalisation a permis une amélioration considérable du niveau de vie mondial».
Pour Christian de Boissieu, professeur à l’Université Paris 1 et
membre du Conseil d’Analyse Economique (CAE), « il y a plus qu’une simple corrélation entre globalisation et croissance, il y a clairement une relation de causalité : la
globalisation favorise la croissance ». La question est alors de s’intéresser à la répartition de cette croissance.
Si, pour l’instant, elle ne semble pas suffisante pour atteindre les
objectifs du millénaire fixés par l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’ensemble des invités estimaient que l’aide internationale qui s’est développée ces dernières années est un moyen
efficace pour y parvenir.
Christopher Egan, l'Ambassadeur de Etats-Unis auprès de l'OCDE, discute des nouveaux défis qu'apporte la
globalisation.
« Le G8 n'a plus de raison d'exister »
L’émergence de nouveaux pays tels que la Chine, l’Inde
ou le Brésil a considérablement modifié le rapport de force entre le Nord et le Sud. L’essor du droit du commerce international coïncide avec ce changement. Mark L. Cohen, conseiller chez White
and Case, insiste sur l’importance du cycle de Doha pour le droit du commerce international, soulignant que « plus l’environnement est stable, plus le commerce se
développe ».
M. de Boissieu reste quant à lui hésitant sur l’avenir
de Doha tant les divergences sont marquées entre les pays membres de l’OMC. De plus, il souligne que ces changements font que « le G8 n’a plus de raison d’exister, il faut repenser cette
institution en y incluant les nouveaux acteurs de la globalisation tels que la Chine ou le Brésil. Pourquoi pas un G15 ou G20 ? Cela serait beaucoup plus
pertinent. »
La finance internationale, le grand défi de la globalisation
Jean-Dominique Lafay, professeur à l’Université Paris
1, a souligné le parallèle entre la crise des subprimes et les précédentes grandes crises financières. Christian de Boissieu a insisté sur le fait que la crise financière n’était pas encore
finie. Il est nécessaire, selon lui, d’en déterminer les causes précises afin de tirer les leçons. Pour éviter qu’une telle crise se reproduise, il faut fixer de nouvelles règles à la finance
internationale en accélérant la mise en place de Bâle 2 et en réfléchissant à de nouveaux éléments de contrôle.
Dans le cadre de sa réflexion, M. de Boissieu a
déclaré qu’il fallait définir un nouveau statut au Fonds monétaire international (FMI) pour qu’il puisse s’adapter au nouveau visage de la mondialisation. Comme piste de réflexion, il a envisagé
que l’institution pourrait avoir comme objectif d’anticiper les crises financières.
Les fonds souverains sont les nouveaux acteurs de la
globalisation financière internationale. Si leurs interventions de plus en plus nombreuses commencent à inquiéter, l’ambassadeur des Etats-Unis à l’OCDE, a rappelé que leurs actions avaient
permis de sauver de nombreuses banques internationales de la faillite.
Globalisation. Si ce mot a souvent une connotation négative, cette conférence a montré
qu’elle offrait à l’économie mondiale de nombreuses opportunités. Reste alors à savoir comment saisir ces opportunités tout en évitant les menaces que la globalisation porte aussi en
elle.
Vincent PAES
Nota Bene :
Cet article fait suite à la conférence du 22 février 2008, intitulée « Les enjeux de l’économie mondiale à l’heure de la globalisation ».
Elle a été organisée par la French-American Foundation, la Chaire des Amériques et la mission américaine auprès de l’OCDE.
Cinq intervenants y ont participé :
- Christopher F. Egan, Ambassadeur de la
mission américaine auprès de l’OCD,
- Christian
de Boissieu, Président délégué du Conseil d'Analyse Economique (CAE) et Professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
- Mark L. Cohen, Conseiller chez White & Case,
- Mathilde Maurel, économiste chercheur au Centre d'Economie de la
Sorbonne
- Et Jean-Dominique Lafay, Professeur au département Economique de
l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.