Longtemps pénalisé par la faiblesse de sa monnaie, le Brésil doit aujourd’hui s’adapter à une monnaie forte. Exportations et IDE
sont les premiers touchés.
En juillet dernier, lorsque la monnaie brésilienne passait sous la barre symbolique des 1,90 real pour 1 dollar, le ministre des Finances, Guido Mantega affichait satisfaction et confiance : « Le gouvernement améliore son niveau de solvabilité, sa capacité de remboursement en devises augmente, la perception du risque par les investisseurs étrangers recule et la volatilité diminue sur le marché intérieur ». Aujourd’hui, avec 1,74 real pour un dollar, la situation est devenue beaucoup plus complexe pour l’économie brésilienne. D’autant plus que le real s’est aussi apprécié de 7% vis-à-vis de l’euro depuis le début de l’année.
Evolution du cours croisé au comptant dollar/ real
Les exportations, premières victimes de l’appréciation du real
Le real fort, bien qu’appréciable pour un pays marqué par les crises monétaires, commence à devenir
préjudiciable pour les exportations brésiliennes. En septembre, les exportations industrielles vers les Etats-Unis ont diminué de près de 7%. Le secteur agricole, lui, continue de progresser
grâce à la hausse des prix des matières premières qui compense l’effet volume. L’excédent commercial est néanmoins à la baisse : 21,3
milliards d’euros sur les neufs premiers mois de l’année contre 23,2 milliards d’euros sur la même période en 2006.
Autre aspect négatif, le real fort incite les entreprises étrangères à rapatrier leur profit vers leur pays d’origine, réduisant ainsi l’excédent des comptes courants de plus de 60% entre le mois de juillet et de septembre de cette année. De plus, comme les marchés estiment que le real est surévalué, les Investissements directs à l'étranger (IDE) sont également touchés par le phénomène. Ils ont ainsi diminué de près de 25% entre le mois d’août et de septembre.
La Banque centrale n’est pas plus forte que le marché
Pour limiter l’impact sur l’économie brésilienne, la Banque centrale tente, depuis début juillet, de limiter l’appréciation du real en achetant massivement des réserves en dollars. Elles pourraient atteindre, sur l’ensemble de l’année, plus de 180 milliards de dollars, selon le Ministère des Finances brésilien. Cependant, la Banque centrale n’est pas plus forte que le marché. Ces achats ne font que freiner le phénomène sans pour autant l’arrêter.
Vincent
PAES
Vous aimez écrire ? décrypter l'actualité économique ? et donner votre point de vue ?
Alors proposez vos articles à Economie et société.
Rendez-vous dans la rubrique "contact" en bas du blog pour envoyer vos propositions.